Extraits

L´Extrait du jeudi – Un mariage arrangé dans les rocheuses > Elizabeth Lowell

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Aujourd’hui je vous propose un extrait du roman [A lui seul – tome 2 : Un mariage arrangé dans les rocheuses] d’Elizabeth Lowell à paraître aux éditions Diva romance.

-Est-ce que vous m’avez piégé, Jessi ? Avez-vous envoyé votre servante chercher Lady Victoria pour qu’elle serve de témoin pendant que vous vous précipitiez vers ma chambre en ayant l’air d’une fille courant retrouver son amant ?

Jessica secoua vigoureusement la tête, et le mouvement fit jouer la lumière de la lampe à travers ses longs cheveux comme des serpentins de feu.

-Non. Je n’avais pas prévu ça, répondit-elle en prenant une longue inspiration saccadée. Mais maintenant que c’est arrivé, je vais jurer sur la tombe de ma mère que nous avons couché ensemble. Alors, vous devrez m’épouser, et je serai libre.

-Et qu’en est-il de moi ? Qu’en est-il de ma liberté ?

Jessica leva sur Wolfe ses yeux clairs et brillants.

-J’ai aussi réfléchi à ça. Je ne vous demanderai rien. Vous serez libre d’aller et venir à votre guise. Si vous voulez une compagne de chasse, je chasserai avec vous. Si vous voulez voyager seul, je ne m’en plaindrai pas. Si vous voulez une mouche particulière pour attirer la truite, j’en fabriquerai une pour vous.

-Jessi…

Elle lui coupa la parole.

-Si vous voulez converser, je serai là. Si vous voulez du silence, je quitterai la pièce. Je verrai à bien entretenir votre maison et à vous servir seulement la nourriture que vous aimez. Et à la fin du repas, je réchaufferai votre verre de wiskey dans mes mains jusqu’à ce que son parfum remplisse le globe de crystal. Et alors, je vous le donnerai, et nous nous asseyerons ensemble et aucun orage ne pénétrera jamais à l’intérieur…

Le silence se prolongea et vibra comme une chandelle agitée par le vent. Finalement, Wolfe tourna le dos à Jessica parce qu’il n’était pas certain de pouvoir la regarder plus longtemps sans perdre la maîtrise de lui-même comme cela ne lui était jamais arrivé.

-Jess, finit-il par dire doucement. La vie que vous décrivez est celle d’aristocrates anglais. Je ne suis pas un aristocrate. Ma femme vivra en Amérique. Et elle n’aura pas cette vie-là.

-J’adore l’Amérique. Je meurs d’envie de revoir les hautes herbes et les gros bisons. Le ciel immense m’a manqué. Betsy m’a enseigné les manières américaines. Quand je suis avec elle, vous pouvez percevoir mon accent britannique. J’ai travaillé très fort pour devenir une Américaine, parce que je savais que vous ne voudriez pas vivre en Angleterre.

Wolfe se retourna brusquement.

-Vous m’avez piégé !

Jessica hocha la tête et regarda ses doigts fermement entrelacés.

-Non, milord Wolfe. Quand j’ai compris que Victoria voulait me voir mariée, j’ai essayé d’imaginer appartenir à un homme, et je n’ai tout simplement pas pu songer à un autre que vous, alors j’ai dû apprendre comment vous appartenir. Vous voyez, j’y ai beaucoup réfléchi.

Comme Wolfe se taisait, elle leva de nouveau vers lui ses yeux lumineux, son regard suppliant.

-Je ne veux pas décevoir lord Robert. Je ne veux pas mentir à Lady Victoria. Je ne veux pas vous enfermer dans le mariage.

-Mais c’est ce que vous allez faire.

-Seulement si je le dois.

Wolfe émit de nouveau un juron presque silencieux, mais il se perdit dans le hurlement du vent. Tremblant malgré sa détermination, Jessica attendit.

Quand Wolfe bougea finalement, ce fut si soudain qu’elle tressaillit. Il marcha jusqu’à la porte de la chambre, l’ouvrit brusquement et se retourna devant deux paires d’yeux anxieux. Betsy et Gore avaient disparu. Regardant tour à tour l’expression fermée de Wolfe et l’allure désespérée de Jessica, les Stewart entrèrent dans la chambre et refermèrent la lourde porte.

-Eh bien ? demanda sèchement lord Robert.

-Lady Jessica est prête à jurer que je l’ai possédée, dit froidement Wolfe. Ce n’est pas le cas.

Robert regarda froidement Jessica.

-Est-ce vrai ?

-Je vais épouser Wolfe, répondit-elle d’une voix basse. Sinon, je n’épouserai personne.

-Bon sang, marmonna Robert avant de tourner les yeux vers Wolfe. Qu’allonns-nous faire ?

-Simplement ce que vous avez toujours fait : accorder à la petite aristocrate gâtée ce qu’elle désire.

-Vas-tu l’épouser ?

-D’une certaine manière, répondit Wolfe d’une voix traînante. Lady Jessica entretient une certaine illusion romantique et juvénile à propos de la vie dans l’ouest américain.

-Ce n’est pas une illusion, intervient Jessica. Je suis allée au-delà du Mississipi. Je sais ce qui m’attend.

-Vous rigolez, dit Wolfe. Vous croyez que ce sera de longues vacances à la chasse. Ce n’est pas le cas. Je ne peux pas me permettre de telles choses, et même si je le pouvais, je ne le ferais pas.

Victoria regarda sa pupille têtue puis les traits durs du visage de Wolfe. Elle sourit puis se mit à rire doucement.

-Ah, Wolfe, votre esprit est toujours aussi vif et aiguisé qu’une rapière. Mais Jessica est également rapide et aussi dure que le granit écossais.

-Je suis beaucoup plus dur que la pierre. Lady Jessica se rendra vite compte que pour moi, le mariage n’est pas une longue expédition de chasse avec de la porcelaine de Chine, de l’argenterie et suffisamment de serviteurs pour assaisonner les bisons avant même qu’ils soient abattus. Je serais étonné qu’elle tienne le coup jusqu’à ce que nous atteignons ma maison au pied des Rocheuses.

Jessica redressa encore davantage le dos en entendant la fureur et la moquerie dans la voix de Wolfe, et le regard qu’il lui décocha du coin de ses yeux noirs n’avait rien de gentil non plus.

-Quand elle aura surmonté sa sottise, dit-il brusquement en se tournant vers Victoria, je ferai annuler le mariage, et je vous la retournerai de la même façon qu’elle est venue à moi – tout à fait vierge.

-Oh, pas tout à fait, j’espère, dit Victoria d’une voix amusée. Enseignez à cette petite nonne entêtée à ne pas craindre les caresses d’un homme. Alors, vous serez tous les deux libres.

Wolfe tourna le dos à Victoria et regarda Jessica de ses yeux froids.

-Il n’est pas trop tard pour mettre fin à cette comédie, madame. Vous vous fatiguerez bien vite d’être la femme d’un homme ordinaire.

-Je ne me fatiguerai pas d’être votre femme.

C’était un serment, et Jessica l’avait exprimé sur ce ton.

-Oui, vous vous en lasserez, dit Wolfe.

Et c’était aussi un serment.


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